Soutien d'étiage de la Garonne

Après la grande sécheresse des années 1989-1990 et depuis l’été 1993, la Garonne bénéficie de réalimentations de soutien d’étiage organisées par le Sméag, l’objectif étant de maintenir les niveaux d’eau nécessaires, entre le 1er juillet et le 31 octobre de chaque année, afin d’éviter les conflits entre usages autour de la ressource en eau et la détérioration du milieu aquatique.

Les opérations de soutien d'étiage

Faute de moyens spécifiquement dédiés au soutien d’étiage, le dispositif s’appuie sur des contrats de coopération pluriannuelle signés entre le Sméag, responsable des opérations, le préfet coordonnateur de bassin, l’Agence de l’eau Adour-Garonne et les gestionnaires de réserves en eau. Ces contrats sont en cours de renouvellement pour la période 2015-2024.

Le dispositif actuel s’appuie sur trois sources de réalimentation : 
  • les ouvrages hydroélectriques d’Izourt, de Gnioure, de Laparan et de Soulcem (réserves dites « IGLS ») pour 46 millions de mètres cubes (46 hm3), le lac d'Oô (5 hm3),
  • le réservoir de Montbel (7 hm3). 
  • le réservoir de Filhet (1 hm3).

Sur la période récente (2008-2018), sur un volume garanti de 54 hm3, ce sont 30  hm3 qui ont été mobilisés en moyenne, répartis à raison de 47 % en juillet-août et de 53 % en septembre-octobre. La médiane est à 37 hm3. Si l'on extrait les années atypiques 2013/2014, 2015 et 2018 (très humides), la moyenne est de 43 hm3. Leur mobilisation dépend de la sévérité de l’étiage de l’année, car il y a des étés humides, des étés secs et des pluies automnales plus ou moins tardives.

L’efficacité du dispositif s’observe tout le long du fleuve, jusqu’à l’estuaire, et les opérations permettent de réduire de moitié les situations de tension autour de la ressource en eau et les restrictions de prélèvements et d’usages. Toutefois, les moyens actuels ne permettent pas de garantir les débits d’objectif d’étiage (DOE) fixés par la réglementation.

Sur la période 2008-2017, le soutien d'étiage à Toulouse (Portet-sur-Garonne) a permis d'éviter le classement de cinq années en années déficitaires (2009, 2011, 2014, 2016 et 2017) et de supprimer 83 % des jours sous les seuils d'alerte et donc des restrictions d'usages. En Garonne aquitaine (Lamagistère et Tonneins) et pyrénéenne (Valentine), le dispositif évite le franchissement des seuils d'alerte et donc des mesures de restriction d'usages. À Lamagistère, ce sont trois années sur dix dont le classement en années déficitaires a été évité grâce au soutien d'étiage (2008, 2010, 2011) et deux à Tonneins (2009 et 2010). La diminution des jours sous les seuils d'alerte y est respectivement de 53 et 57 %.

C’est dans un objectif de diversification et d’efficacité du soutien d’étiage que le PGE recherche la mobilisation d’autres ressources en France (par exemple par l’intégration d’une fonction de soutien d’étiage dans les titres de concession hydroélectriques en renouvellement) mais également dès le Val d’Aran. Au-delà, le PGE Garonne-Ariège prévoit une augmentation du volume d'eau mobilisé et surtout du débit d'intervention. Il envisage également une meilleure coordination inter-bassins permettant un service rendu par le soutien d'étiage plus efficient au profit de chaque sous-bassin versant affluent, par de la Garonne, par de l'estuaire de la Gironde. 

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SMEAG.fr SAGE-GARONNE.fr