Soutien d'étiage de la Garonne

Après la grande sécheresse des années 1989-1990 et depuis l’été 1993, la Garonne bénéficie de réalimentations de soutien d’étiage organisées par le Sméag, l’objectif étant de maintenir les niveaux d’eau nécessaires, entre le 1er juillet et le 31 octobre de chaque année, afin d’éviter les conflits entre usages autour de la ressource en eau et la détérioration du milieu aquatique.

Les opérations de soutien d'étiage

Faute de moyens spécifiquement dédiés au soutien d’étiage, le dispositif s’appuie sur des contrats de coopération pluriannuelle signés entre le Sméag, responsable des opérations, le préfet coordonnateur de bassin, l’Agence de l’eau Adour-Garonne et les gestionnaires de réserves en eau. Ces contrats ont été renouvelés pour la période 2014-2018.

Le dispositif actuel s’appuie sur deux sources de réalimentation : 
  • les ouvrages hydroélectriques d’Izourt, de Gnioure, de Laparan et de Soulcem (réserves dites « IGLS ») pour 46 millions de mètres cubes (46 hm3), le lac d'Oô (5 hm3),
  • le réservoir de Montbel (7 hm3). 

Sur la période récente (2008-2016), sur un volume garanti de 54 hm3, ce sont 32  hm3 qui ont été mobilisés en moyenne, répartis à raison de 43 % en juillet-août et de 57 % en septembre-octobre. La médiane est à 41 hm3. Si l'on extrait les années atypiques 2013,2014 et 2015 (très humides), la moyenne est de 44 hm3. Leur mobilisation dépend de la sévérité de l’étiage de l’année, car il y a des étés humides, des étés secs et des pluies automnales plus ou moins tardives.

L’efficacité du dispositif s’observe tout le long du fleuve, jusqu’à l’estuaire, et les opérations permettent de réduire de moitié les situations de tension autour de la ressource en eau et les restrictions de prélèvements et d’usages. Toutefois, les moyens actuels ne permettent pas de garantir les débits d’objectif d’étiage (DOE) fixés par la réglementation.

Sur la période 2004-2016, le soutien d'étiage à Toulouse (Portet-sur-Garonne) a permis d'éviter le classement de quatre années en années déficitaires (2007, 2009, 2011 et 2016) et de supprimer 80 % des jours sous les seuils d'alerte et donc des restrictions d'usages. En Garonne aquitaine (Lamagistère et Tonneins) et pyrénéenne (Valentine), le dispositif évite le franchissement des seuils d'alerte et donc des mesures de restriction d'usages. À Lamagistère, ce sont également quatre années sur dix dont le classement en années déficitaires a été évité grâce au soutien d'étiage (2008, 2010, 2011 et 2016) et deux à Tonneins (2009 et 2010). La diminution des jours sous les seuils d'alerte y est respectivement de 52 et 61 %.

C’est dans un objectif de diversification et d’efficacité du soutien d’étiage que le PGE recherche la mobilisation d’autres ressources en France (par exemple par l’intégration d’une fonction de soutien d’étiage dans les titres de concession hydroélectriques en renouvellement) mais également dès le Val d’Aran (non réalisé à ce jour). Au-delà, le PGE Garonne-Ariège validé en 2004 prévoyait une augmentation du volume d'eau mobilisé, selon deux options :
-    un recours prépondérant aux seules ressources hydroélectriques existantes (51 hm3), ce qui a été atteint depuis l’année 2007,
-    un recours limité à la ressource hydroélectrique (17 hm3) et la création d’un réservoir structurant de soutien d’étiage pour la Garonne, le réservoir de Charlas (110 hm3 dont 88 pour la Garonne, non réalisé à ce jour).

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